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samedi 5 avril 2014

Je suis toujours là

Cela fait un long moment que je n'ai plus écrit ici. Tout simplement parce que je n'en avais plus envie.
Pas que je vous snobe, juste que je préférais me taire.

Vous savez, il y a quelques années, avant de commencer ma transition, je mentais tout le temps à tout le monde, y compris à moi-même.
Je faisais croire que j'étais une personne heureuse, forte et que rien ni personne ne pouvais m'atteindre.
Que je pouvais faire face à toutes les situations.
Tout le monde y a cru. Moi aussi je me suis laissée bernée par moi.

Etre trans a un gros avantage : on devient plus forte. On doit tellement travailler sur soi qu'on apprend à maîtriser ses sentiments. A encaisser beaucoup de choses. Etant en plus en surpoids depuis mon adolescence, je devais aussi me battre contre ça à l'école. Je pense que si je suis toujours en vie aujourd'hui, c'est grâce à cette force que j'ai développé au fil des ans.

Si vous êtes un habitué du blog, vous connaissez moi histoire. Vous savez que ma transition a commencé le jour où j'ai voulu en finir définitivement. Ce jour-là, j'ai décidé d'opter pour le quitte ou double : je tente la transition et si ça ne va pas, il sera toujours temps de me tailler les veines plus tard.

Je pensais qu'en "changeant de sexe" j'allais enfin vivre ma vie. Pouvoir parler de moi sans retenue. Ne plus être obligée de mentir et de faire croire à tout le monde que, non seulement je suis une certaine personne mais également pouvoir dire mes sentiments.

En fait, il n'en est rien.
Cette transition m'a aidée. Je suis extérieurement la personne que j'ai toujours été intérieurement. Je ne suis plus obligée de mentir.
Mais ça s'arrête là.

Personne ne sait ce qu'il y a réellement en moi. Tout le monde me voit rayonnante, heureuse, forte et capable de tout encaisser. Sauf que, comme avant ma transition, c'est de la foutaise. La seule différence par rapport à avant la transition, c'est que si mon entourage le croit, moi je n'arrive plus à y croire.

C'est pour cette raison que je ne voulais plus écrire ici. Non seulement cela allait encore être des mauvaises nouvelles bien déprimantes et chiantes à lire mais en plus les quelques personnes de mon entourage qui ont accès à ce blog risquaient de mal prendre le fait que je leur mens depuis tout ce temps.
En même temps, les rares fois où j'essaie de parler un peu de moi, on me coupe la parole après la 1ere phrase (si on m'a laissée aller jusqu'au bout de la 1ere phrase). Je me dis donc qu'en fait, tout le monde s'en fout.

Mais au point où j'en suis, je me dis que cela n'a plus beaucoup d'importance. Si ces personnes se fâchent et ne me font plus confiance, je m'en fous. Vu que je ne suis pas sûre de pouvoir terminer l'année.

Je m'explique : cela fait des années que je cherche un emploi. C'est vrai que je suis un peu difficile puisque je veux un emploi qui m'intéresse. Je ne veux pas travailler uniquement pour le salaire mais aussi pour le plaisir. Et même si je n'ai rien contre les caissières du Carrouf, passer des codes-barres devant un laser à longueur de journée, ce n'est pas trop ma vision de la vie. Moi, je suis plutôt bureau, papiers, formulaires,...
J'avais postulé pour un emploi qui rentrait parfaitement dans mes cordes : call-taker au numéro d'urgence. Aider des gens tous les jours voire même contribuer à sauver des vies, ça c'est un métier d'enfer! Moi qui suis toujours derrière tout le monde à aider, c'était vraiment ce qu'il me fallait. Ma vie aurait au moins servi à quelque chose.
J'ai réussi les deux premiers examens sauf qu'au 2e il me manquait 2 points pour faire partie des 100 premiers et donc avoir accès au 3e examen (2 points = 1 question!).
Ce fut la grosse déception. Très grosse.

Bref, je cherche un emploi. Chaque fois que je trouve quelque chose qui me plaît, je reçois bien souvent comme réponse : "ah ouiiii, mais non". Sans plus d'explication.

Je ne sais donc pas ce qui fait que je suis refusée partout. Impossible donc de m'améliorer.

Ce n'est pas bien grave puisque j'ai toujours l'Etat qui me donne royalement 800€ chaque mois pour vivre grâce à cette chose qu'on appelle "chômage".

Oui mais voilà, la loi a changé et le chômage est limité dans le temps pour certaines catégories. Et je fais partie de cette catégorie. En gros, si la loi n'est pas re-modifiée, je perds mon droit au chômage au 31 décembre de cette année.
Si vous êtes belge, vous savez qu'il existe le CPAS.
Le CPAS peut donner une allocation sociale. Normalement, je rentre des les conditions pour l'obtenir. Oui, mais je n'en veux pas.

Les chômeurs sont déjà tellement mal vu, je ne vous parle pas des allocataires sociaux qu'on traite comme des fainéants et abrutis que même le chômage ne veut pas. De plus, être allocataire social, c'est être exclu des primes à l'embauche. En effet, un employeur obtient des réductions sociales et parfois même une partie du salaire de l'employé est payé par l'Etat lorsqu'il embauche un chômeur complet indemnisé. Un allocataire social n'étant pas un chômeur, ces primes, l'employeur, il n'y a pas droit.
Alors, qui croyez-vous que l'employeur engagera? Le chômeur motivé dont une partie du salaire sera payé par l'Etat ou l'allocataire social fainéant et abruti qu'il devra payer plein pot?

Bref, le CPAS, je n'en veux pas. Je ne veux pas tomber aussi bas.
Et retourner vivre chez ma mère, c'est hors de question. Je me suis démenée durant ces dernières années pour avoir une vie correcte que retourner chez ma mère c'est revenir à la case départ. Comme si tout ce que j'avais fait ces 5 dernières années n'avait servi à rien.

Donc, les choses sont les suivantes : à la fin de l'année, je serai sans revenus, je devrai vivre dans la rue.
Mais le pire de tout : plus de traitement hormonal ni d'opération!

En gros, le courrier de l'Onem qui arrivera quelques semaines avant l'échéance sera comme un arrêt de mort.

C'est drôle mais je me suis toujours demandée ce que je ferais si je pouvais connaître la date de ma mort. Est-ce que j'en profiterais ou est-ce que je continuerais comme si de rien n'était.

J'ai enfin la réponse à cette question : je fais comme si de rien n'était. Je continue à vivre normalement, attendant le moment fatidique. Et puis, qui sait, il peut encore y avoir un retournement de situation. Il reste encore 9 mois.

Pourtant, au fond de moi, je sais que je ne ferai jamais cette opération. J'ai un présentiment.  Je ne sais pas comment l'expliquer... En fait, je n'arrive pas à voir mon avenir. Comme si il n'y en avait pas. Je n'arrive pas à m'imaginer en 2015.

Enfin, voilà les news. Je ne sais pas si il y a encore du peuple qui passe par ici. Parfois j'espère que non. J'avoue avoir un peu honte de ce que j'écris. Il y a des gens qui sont dans des situations pires que la mienne et qui ne se plaignent pas. Du coup, ça me met toujours un peu mal à l'aise de parler. Surtout que je fais croire à tout le monde que je suis au pays des Bisounours.

J'ai vraiment l'impression que mon monde s'écroule...

On verra dans quelques mois l'évolution :-)

14 commentaires:

  1. Bonsoir Sarah.

    Je passe par hasard sur ton blog, on s'est croisée rapidement sur le réseau qui fait coui-coui :-)
    Ce message me touche. Me touche par son honnêteté, sa dureté aussi. Me touche parce que je me sens proche de la condition que tu décris.
    Trans' moi-même, je ne jouirai bientôt plus des conditions sociales qui m'ont permis d'entammer ma transition. Et je n'y pense pas. Ou si, j'y pense tellement que ça m'angoisse.
    Je veux juste te dire qu'il faut persister, continuer, sourire, tendre les bras, y croire. Ne te laisse pas abattre. Pense à ce que tu as, pense à ce que tu es.
    Et continue de partager ta bonne humeur, tes ras-le-bol, tes espoirs, tes peurs. C'est le lien qui te rattache à la vie, tout simplement.
    Je partage du courage avec toi.

    Kay

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  2. Bonsoir :)
    Merci pour ton commentaire. Je suis quand même épatée de voir qu'il y a encore du peuple par ici!
    Je ne t'ai pas retrouvée sur le réseau qui fait coui-coui, tu as changé ton pseudo?
    Je ne sais pas comment tu fais pour tenir le coup alors que tu es dans une situation similaire.
    Personnellement, je n'y crois plus. Sourire, oui je le fais, histoire de cacher ce qu'il y a derrière. Mais c'est du faux.
    Penser à ce que j'ai? Justement, je n'ai rien. Donc rien à perdre. J'ai bien sûr des amis mais ils vivaient très bien sans moi avant de me connaître, ils vivront encore très bien sans moi. Je vis seule, mon appart n'est composé que d'objets de récup'. Je n'ai pas d'emploi et donc pas de collègues. Bref, je n'ai quasi rien.
    Ce que je suis? Une trans qui arrive à ses 36 ans et qui n'est encore nulle part dans la vie. On ne peut pas vraiment dire que c'est le genre de truc qui permet de s'accrocher.

    Pour ce qui est de continuer à partager, j'avoue en avoir besoin mais aussi pas envie. Pour encore recevoir des réflexions du type "tais-toi" comme il y a peu, non merci. Pourtant, ce soir, j'en aurais vraiment eu besoin. Mais je ne veux pas passer pour la dépressive et déprimante de service, donc je garde pour moi. C'est vrai que j'ai déjà fait comme ça et que ça s'est mal terminé mais je reprends le risque.

    J'espère que tout va s'arranger pour toi. Si je peux faire la moindre chose pour t'aider, surtout n'hésite pas. Tu sais où me trouver ;-)
    Ce n'est pas parce que je ne suis pas au top de ma forme que je ne peux pas aider, bien au contraire, ça me ferait plaisir :-)

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  3. Re :-)

    Je connais aussi ce sentiment. Pas plus tard que tout de suite je voulais exprimer mes sentiments du moment à une amie, lui dire que ma situation de trans' ne sera jamais la sienne quelque soit sa bienveillance ("être soi", etc ...)
    Mais non. Je garde cela pour moi.
    J'ai la 40aine, vais perdre mon boulot d'ici 3 mois et suis sans perspective. Mon prénom reste le "mauvais" sur mon ID et il me reste bien des choses à faire et à "corriger". Bref ... ;-)
    Ce que je voulais dire, c'est qu'il ya des moments où l'on se sent pleine de confiance à pouvoir changer le cours du monde et de sa vie (transitionner, c'est ça aussi !) et qu'il faut à tous prix guetter ces moments et les saisir pour rebondir.
    Je me le souhaite et te le souhaite. Crois-moi :-)
    Je parle un peu dans le vide, mais tu as tout mon soutien. Et merci du tiens, cela fait chaud au coeur :-)
    Ne rate pas l'étincelle ...

    Kay

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    1. Oh mon dieu, j'ai oublié de te répondre!!!!
      Honte à moi :-s

      Mais j'ai eu 2 semaines bien remplies et j'avoue ne passer sur mon PC que rapidement le soir (enfin, aussi rapidement que Twitter le permet ;-) )

      Je vais te dire ce qu'on me répète tout le temps : faut pas tout garder pour toi! (fais ce que je dis, pas ce que je fais ;-) )
      Donc, si tu avais envie de parler à une amie, il fallait le faire.

      Pour ton prénom, tu ne sais pas le changer? Si ce n'est que ça (pas l'état civil) ce n'est pas trop compliqué…

      Je suis d'accord qd tu dis qu'il y a des moments où l'on se sent pleine de confiance. J'en sors. Hyper motivée et tout! Malheureusement, quand ces bons moments retombent, la chute est brutale. Et tout ce que j'ai prévu de faire retombe aussi.

      Mais je te souhaite également de réussir et de retomber sur tes pattes!
      Et je répète : si je peux faire qqchose, ne fut-ce que t'écouter parler, il ne faut pas hésiter! Ce ne sont pas des paroles en l'air. Parfois, papoter avec quelqu'un qu'on connait moins fait vachement de bien ;-)
      Y a plein de moyens de me contacter donc tu n'as pas d'excuses ;-)

      Ah, et non, tu ne parle pas dans le vide ;-)
      Bien au contraire! Rassure-toi!

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  4. Je suis votre blog depuis environ 1 an et je le trouve très intéressant. Un mélange perso de parcours médical avec des tranches de vie , abordant presque au quotidien les difficultés de transitionner tout en ayant sa vie a gérer et tout ce qui va avec en fait un témoignage unique.
    Votre personnalité avant d`avoir entamé votre transition est étonnamment proche de la mienne. Sauf que vous êtes plus forte que moi, je sais que je ne suis pas née dans le bon genre et le bon corps, mais vous avez eu le courage d`entamer une transition. Mon extrême timidité m`a toujours poussée à fuir la réalité, me déguiser en bonhomme rigolo et amuseur public pour faire croire aux autres que j`étais bien dans ma peau. Les années passant, je me retrouve a presque 45 ans toujours avec cette sensation de tourner en rond et trop me focaliser sur l`image que les autres veulent que je leur donne. Une famille trop envahissante, un travail d`indépendant qui ne rapporte quasi rien me pousse à me refugier dans le travail pour tuer le temps. Le jour ou ma vie s`arrêtera, je me dirai « tu aurais du… »
    C`est tristounet d`apprendre que votre moral est au plus bas. Il ne faut pas regarder l`avenir sous de mauvaises augures, mais voir que tout ce que vous avez entrepris depuis longtemps est un merveilleux travail sur vous-même et que grâce a cela la roue tournera un jour dans le bon sens. Avec la force et le courage que vous avez, vous saurez trouver un avenir professionnel qui vous convient mais cela peut tomber par hasard le jour ou vous ne vous y attendrez pas.
    Allez, bon courage et au plaisir de lire vos futures élucubrations !

    Stefi

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    1. Merci pour votre commentaire.
      Je ne sais pas si je suis vraiment plus forte. Le jour où j'ai décidé de commencer cette transition, c'est le jour où j'avais le couteau sur les veines. Quand j'ai commencé cette transition, c'était un peu un quitte ou double. Je pense que vous êtes encore plus forte que moi puisque, vous, vous n'avez pas été jusqu'au suicide!
      En toute honnêteté, tenir jusque 45 ans, je n'aurais jamais pu! Vous êtes donc bien plus forte que moi.

      Je ne sais pas ce que vous appelez par "famille envahissante". Si c'est femme et enfant, oui, il y a de fortes chances que votre femme parte. Par contre, pour le(s) enfant(s), beaucoup acceptent la situation sans problème. Si par contre, vous parliez de la famille soeur/frère/parents,… généralement, ça se passe bien aussi. Bon, c'est vrai que parfois ça coince mais en même temps, c'est votre vie, pas la leur. Et ne pas changer afin qu'ils continuent leur petite vie tranquille, ce n'est peut-être pas la meilleure solution. Votre famille (que ce soit un cas ou l'autre) est censée vous aimer.

      Le "tu aurais du", je connais. Parce que même si j'ai commencé mon traitement hormonal il y a 2 ans, j'ai quand même perdu près de 30 ans de ma vie. Je me dis régulièrement que j'aurais du me lancer plus tôt. Mais est-ce que cela se serait aussi bien passé, aucune idée. Probablement pas puisqu'il y a 20 ans on ne parlait pas trop des transgenres sauf comme phénomènes de foire.

      Donc, si j'ai un conseil à vous donner, c'est de tenter le coup. Ne fut-ce qu'aller en parler à un psy (chologue ou chiatre). Vous ne risquez rien et ça pourrait être bénéfique.

      Pour mon moral, oui il est bas. Mais comment pourrait-il en être autrement quand on sait que tout les efforts que j'ai fait ces dernières années pour avoir un semblant de vie risque de voler en éclat à cause d'employeurs trop difficiles et une loi qui va me retirer le peu que j'ai chaque mois.
      Donc, oui, j'en ai marre. Chaque jour un peu plus. Mais, comme vous, je ne le montre pas et je montre aux autres ce qu'ils veulent voir. Bien sûr j'ai eu la chance que ma transition a été bien accueillie partout, cela m'a aidé à tenir jusqu'à aujourd'hui. Et cela m'aide encore. Mais si je peux vous conseiller quelque chose : trouvez quelqu'un à qui parler. De préférence quelqu'un de votre entourage en qui vous avez entièrement confiance (je sais, ça devient une denrée rare ^^ ). Ca peut aider dans les moments difficiles.

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  5. Vite un éclaircissement rapide pour ne pas devoir envoyer un fichier PDF de 200 pages avec tous mes états d`âme, dans ce cas je devrais aussi créer un blog perso !
    L`année passée, j`ai décide quand même de me prendre en main : je n`ai toujours pas été voir de psymachin, ni de toubib, mais je me suis laisse pousser les cheveux et ai commence des séances d`épilation de ma barbe. Dieu que ca fait mal, mais il faut souffrir pour être belle ! Résultat positif après 4 séances : mes poils poussent lentement et après m`être rasée ma peau n`est pas grisâtre comme avant. Pas besoin d`une tonne de fond de teint pour masquer cette barbe. Niveau vêtements, j`ose enfin m`acheter des trucs (masculins évidemment) avec des couleurs vives. Pendant toute ma vie, je m`habillais en fonce, noir ou bleu marine pour rester discrète et effacée. Cela ne fait que quelques mois que j`ose sortir avec des pantalons orange et des chemises roses ou fuchsias. Et ca me fait un bien fou..
    Pour la famille, c`est le cote parents que je les trouve envahissants. Ils sont gentils, c`est pas ca, mais le jour ou je les recevrai en robe avec de jolies boucles d`oreille, ils risquent de mal le prendre. Depuis ma naissance ils s`amusent à vouloir diriger ma vie et aiment me faire faire ce qu`ils veulent. Depuis quelques temps j`ai mis des barrières et ca se passe plutôt bien. Le problème selon moi, c`est qu`en voulant trop bien faire ils m`ont foutu en l`air psychologiquement et j`ai en permanence ce sentiment de ne pas être libre de mes mouvements. Heureusement, je n`ai pas d`enfants, ca aurait fait encore des soucis en plus a gérer. Cote compagne, je ne n`ai pas peur de sa réaction le jour ou je lui ferai mon coming out, mais elle sait que je ne suis pas le stéréotype de l`homme viril et m`a toujours aime pour cela. En homme ou en femme, je la sens toujours a mes cotes. Bien que je ne sache pas prédire l`avenir…
    Niveau gens a qui parler, je n`en connais pas, tous mes amis me connaissent en tant qu`entrepreneur du bâtiment qui s`est reconverti en gérant d`hôtel de charme…juste pour cela beaucoup m`ont fui car pour certains, c`est un travail qui n`a aucune morale. Alors que justement, c`est un boulot qui apporte le sourire a ses clients. J`ai juste été l`année passée a une réunion d`une association au centre ville de Bruxelles, mais a voir des gens qui étaient en fin de transition ou avaient un passing incroyable, je me suis sentie ridicule. Un look de déménageur et mes cheveux courts, pas de maquillage et les ongles sales assortis d`une voix grave bien virile faisaient que je ne me sentais pas a ma place. Faudra y retourner avec mon nouveau look, peut être que je m`y sentirais plus a l`aise.
    Je viens de voir votre post de ce matin, votre avenir sent le radieux. Mais il est vrai que cette grande opération n`est pas quelque chose de facile a gérer a tout point de vue et être hésitante, c`est normal. Contente de savoir que vous allez a la Pride cette année, j`y ai été l`année passée et j`ai adore. Je serais contente de vous y offrir une Caipirinha au stand à cote de la bouse, ils la faisaient très bien l`an passe. J`y serai vers 14 heures.
    A bientôt et bon courage
    Stefi

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    1. Pour l'assos dont vous parlez, je crois savoir de laquelle. En même temps, il n'existe qu'une seule association trans en Wallonie/Bruxelles.
      Alors, oui, je peux comprendre que c'est difficile de voir toutes ces trans qui ont déjà bien avancé. J'y étais encore aujourd'hui et il y avait un jeune garçon qui venait pour la 2e fois. Si je me permets de dire "garçon" c'est parce qu'il le demande : il n'a pas encore commencé de transition. Il a été super bien accueilli car c'est ça aussi cette assos : on accueille tout le monde sans juger qui que ce soit. On part du principe que chacun est libre de se définir et que PERSONNE n'a le droit de dire si c'est bien ou mal. Alors, oui, ça peut être frustrant de voir toutes ces personnes ayant déjà fait du chemin. Mais cela peut également être un bon stimulant pour avancer (et pour avoir des réponses à ses questions).

      Concernant mon avenir radieux, je n'irai pas jusque là. J'ai une opération de prévue mais je ne sais toujours pas si je vais pouvoir la faire. C'est vrai que je ne prévois plus rien pour l'année prochaine et que je suis très pessimiste sur mon avenir. Mais, cette opération, j'espère vraiment la faire.

      Pour la Pride, oui, j'y serai mais vers 14h je serai dans le cortège en train de perdre 2 points d'audition et quelques calories en faisant le tour de Bruxelles en portant peut-être un panneau (ça, je sais pas encore).
      Bref, je n'y serai pas comme spectatrice mais actrice. C'est d'ailleurs une première pour moi de manifester pour quelque chose qui me concerne. Donc, je ne pourrai pas vous rencontrer. On se croisera peut-être à la Maison Arc-en-Ciel mais je ne sais pas encore à quelle heure nous y serons.

      P.S. : je fais des commentaires plus longs que mes billets au point que je suis obligée de découper ma réponse en 2 ^^

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    2. ah, et visiblement la 1ere partie est à la fin :)

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    3. Les cheveux… je crois qu'on l'a toutes fait :)
      Pour le laser, tant que vous n'êtes pas sous hormones, les effets ne seront jamais définitifs. Ca repoussera toujours. Mais moins et surtout plus fins.
      Mais c'est un début et j'ai moi aussi commencé par ça. J'ai commencé le laser fin septembre si je me souviens bien et le THS en janvier.
      Pour les cheveux, ils ont toujours été longs. Je n'ai jamais aimé les cheveux courts et, aujourd'hui, je pense que tout le monde a du se dire "tout s'explique" ;-)

      Au niveau des vêtements, comme vous, toujours basiques et sombres. Et aujourd'hui, moins basiques mais toujours sombres. J'ai quelques trucs un peu flashy mais j'avoue que je suis restée dans le noir. Je trouve que ça donne bien sur une fille :)

      Pour les parents, je crois que vous seriez bien étonné! Si ils veulent diriger votre vie, c'est parce qu'ils vous aiment et qu'ils veulent votre bien. Si démarrer une transition vous permet d'être + heureuse, je crois qu'ils ne diront rien (sauf si ce sont des catholiques intégristes ^^ ). Ils seront peut-être un peu réticents au début (la peur) mais au final, cela devrait bien se passer (au début ma mère était aussi un peu réticente et a essayé de me faire changer d'avis mais au bout de quelques semaines elle était encore plus impatiente que moi pour que les choses évoluent).
      De plus, c'est votre vie, vous en faite ce que vous voulez. Je ne vous force pas la main, mais ça serait dommage d'avoir des regrets.
      Et si en plus vous avez une compagne à l'esprit ouvert, tout pourrait bien passer. Essayez d'en parler avec elle. Si vos cheveux commencent à pousser et que la barbe disparaît, elle doit sûrement se poser des questions. Et si vous attendez trop longtemps pour un C-O, elle risque de mal le prendre car elle prendra ça comme une trahison (un secret gardé trop longtemps). Donc, là, je vous force un peu car cela risque de mal se terminer alors que, visiblement, elle le prendra bien.

      Pour les personnes qui ont fuis à cause de votre travail, je parie que ce sont les premiers à aller dans ce genre d'endroit!
      De toutes façons, chacun fait ce qu'il veut de sa vie (encore une fois). Perso, je me fous du métier qu'exercent les gens. C'est tellement difficile de bosser aujourd'hui… Et ça me pousse à dire que les amis que vous avez encore aujourd'hui sont des amis à l'esprit ouvert qui risquent d'accepter facilement votre transition.

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  6. Domage qu`on se soit pas croisees hier a la Pride. Cet evenement etait exceptionnel, le soleil en plus. Je parie qu`on s`est bousculees rue Marche au Charbon sans savoir, c`etait noir de monde !
    Je me suis quand meme decidee a venir a la reunion de 21/06, c`est vrai que ca commence a se voir que je me feminise de plus en plus et j`aime ca. Si ca vous dit, on peut s`y rencontrer et papoter ensuite.
    J`espere que pour une premiere fois, cette pride vous a apporte beaucoup de bonheur.
    A bientot
    Stefi

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    1. On s'est sûrement croisées, en effet. Mais comme tu le dis, vu le monde, on ne voyait plus rien!
      D'autant plus que l'assos avait réservé une salle dans la MAC donc je n'ai fait que passer dans la rue très rapidement :)
      Si tu as regardé le cortège, je défilais avec ma petite pancarte dans la pride alternative ;)
      Le 21/06 je ne serai pas présente mais je serai (normalement) présente à la prochaine en août.

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    2. J'ai supprimé ton adresse email (et tout le commentaire car on ne sait pas faire autrement).
      Je te réponds par mail d'ici quelques jours.

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  7. Je ne savais pas comment faire pour te communiquer mon mail, mais ca se fait pas de laisser un mail prive au vu de tous...Merci de ton soutien, sans le vouloir tu m`a fait me decider d`arreter de faire souffrir ma compagne qui trouve que j`ai l`air de plus en plus bizare comme mec. Il est temps de laisser tomber cette hypocrisie et ce mensonge envers lesquels je sais de moins en moins faire face. J`attend d`avoir ete au moins une fois consulter un psy pour lui faire mon C.O.et je me sentirai mieux. On verra sa reaction, mais je pense que l`etonnera pas. Pour moi, dire enfin la verite sur ce que je suis reelement depuis 45 ans me fera comme un electrochoc. Je sais pas comment je reagirai, je m`aprete a le prendre a la rigolade.Du moins on verra...
    J`ai retrouve une video promotionelle que j`avais fait faire il y a un peu plus de 6 mois avec mes cheveux (presque) courts. Si tu veux te marrer : https://www.youtube.com/watch?v=1tbsuSqykzs
    A bientot

    Stefi

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