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jeudi 27 juin 2013

Grillée 2

Un 27 mars, je vous disais avoir été grillée dans le Métro de le STIB.
Un 27 juin, pareil. Visiblement, les 27 sont des jours maudits pour moi.

Ici, ce n'était pas dans le Métro mais dans un magasin. La vendeuse m'a demandée s'il fallait m'appeler "Madame".

Je ne sais pas quelle était sa pensée à ce moment là. Etait-ce pour m'embarrasser en me faisant comprendre que je suis repérable à des kilomètres ou était-ce dans le but de ne pas faire d'erreur et par la même occasion me faire plaisir.
Je ne le saurai jamais et je pense ne pas vouloir le savoir.

Ces cas sont rares, c'est vrai. C'est le deuxième depuis le début de ma transition (hormis tout au début bien entendu).
Mais c'est deux cas de trop. Si pour le premier le psy m'a dit que c'est normal vu qu'il s'agissait de jeunes et que, paraît-il, ils sont très perspicaces, dans ce 2e cas, il ne s'agit pas de jeunes. Curieuse de voir ce qu'il va me sortir cette fois-ci. Parce que si pour le cas précédent je l'ai cru, ici je vais avoir un peu plus de mal à accepter son explication.

J'étais en vacances et tout se passait bien. Il ne pleuvait que le soir et la nuit tandis que les journées étaient belles. J'avais recommencé à manger normalement sans culpabiliser. Je pensais que tout était en train de s'arranger et que, une fois rentrée, j'allais enfin avoir une vie convenable. Qu'il ne me manquerait plus qu'un job.

Et bien non. Une simple petite question a suffit à tout casser. Retour à la case départ. Et pour tout vous dire, j'ai vraiment envie de retourner avant la case départ.

Quand une telle situation arrive à une autre trans, j'essaie de la réconforter en minimisant la situation. Aujourd'hui, c'est à moi que ça arrive et je me rends compte que tout ce que j'ai pu dire pour réconforter l'une ou l'autre c'était de la connerie. De la connerie parce que si sur moi ça ne marche pas, comment pourrais-je encore être crédible face aux autres trans qui vivent un mauvais moment. Comment pouvoir les réconforter alors que moi-même j'ai envie de tout envoyer balader. Tout ça à cause d'une simple petite question. Une question qui m'a fait comprendre que, aux yeux des gens, je suis un homme. Un homme sous traitement hormonal qui s'imagine être une vraie femme. Mais que tous les traitements et toutes les opérations du monde ne changeront rien. Je suis né(e?) avec des chromosomes de mâle. Je mourrai avec ces chromosomes. Et je me ferai griller régulièrement jusqu'à la fin de ma vie.

Comment pourrais-je encore m'afficher publiquement avec des personnes de mon entourage en sachant qu'on remarque que je suis trans. Je n'ai pas envie que mon entourage soit mal à l'aise à cause de cela. C'est peut-être pour ça que je suis plus souvent seule en public qu'avant. Parce que si mes amis et ma famille me parlent encore et m'invite parfois, c'est chez eux. Mais on ne sort plus comme avant. Peut-être ont-ils peurs d'être vus avec moi? Ca se comprend puisque même moi j'ai peur de m'afficher.

Chaque fois que j'ai l'impression de progresser, il y a un truc qui me fait reculer.

Mais bon, soyons optimistes : ça finira par aller. Je n'arrête pas de dire qu'il faut être patiente. Il faudrait peut-être que j'applique à moi-même ce que je dis aux autres ;-)

2 commentaires:

  1. Ma pauvre, j'imagine à quel point cette petite phrase a du te faire du mal.
    Il semblerait que ce que je vais te dire soit inutile, mais je vais quand même l'écrire car je le pense sincèrement. Ces moments restent des exceptions, des cas exceptionnels. Et même si tu as déjà bien avancée dans ta transition, tu continues encore de t'améliorer, ce qui fait que les années passants, ces mauvais moments vont devenir de plus en plus rare. Et comme ils sont déjà rares, ils vont même devenir inexistants ;)

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