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jeudi 17 janvier 2013

THS : 1 an !

Aujourd'hui, c'est un jour spécial : voilà 1 an que je suis sous traitement hormonal.

Peut-être l'occasion de faire un petit bilan de cette année.

En fait, j'hésitais entre fêter ma 1ere année de THS ou ma 1ere année de coming-out (en avril).  En effet, lorsque je me suis étalée pour la première fois l'Oestrogel, il ne s'est rien passé d'exceptionnel sur le moment.  Un peu comme lorsqu'on fête ses 18 ans : on est pas subitement plus intelligent en se levant le matin de sa majorité.
Par contre, mon coming-out général a été différent : là, il y a eu de gros changements sur le coup, avec énormément de messages de soutien.  Et de là, mes sortie en femme se sont multipliées jusqu'à être à 100% aujourd'hui (bon, ok, 99,9% ;) ).

Personnellement, je ne me suis pas vue changer physiquement avec les hormones.  Quand je me regarde dans le miroir, je vois toujours le même mec.  Mais, je ne me vois pas maigrir non plus alors que j'ai perdu près de 30kg sur la même période.
Je fais donc confiance aux personnes autour de moi qui me disent que, oui, j'ai changé physiquement.  Le truc qui pour moi n'évolue vraiment pas c'est la poitrine.  Ils vont se décider quand, ceux là ? :-)

Ce qui me réconforte, c'est que dans la rue, au magasin ou quand je rencontre des personnes pour la première fois, personne ne se rend compte qu'un jour j'ai été un homme.  Et c'est ça le plus important : c'est qu'on me voit comme une femme, c'est-à-dire ce que je suis vraiment et depuis toujours.

Je pense que ça serait mieux que je puisse, moi aussi, voir les changements mais peut-être que ça viendra un jour.
Je n'ai jamais aimé mon corps, et je pense que ça sera toujours comme ça.

Les fidèles de ce blog ou les personnes qui me suivent sur Twitter savent presque tout sur ma transition et un bilan n'est donc pas vraiment utile.
Les moments forts sont, bien entendu, mes 30kg de moins.  Passer d'une taille 52 à une taille 42 c'est fantastique.  Bon, mon corps a un peu de mal à encaisser : j'ai des carences en tout! J'ai des problèmes dans les nerfs (des picotements non-stop dans le pied gauche et la main gauche), des problèmes de mémoire (encore plus importants qu'avant), j'ai tout le temps froid et j'en passe.  Mais je continuerai sur ma lancée tant que je n'arrive pas à 60kg (oui, j'ai diminué un peu puisque j'avais fixé le seuil à 65kg).
Je sais que c'est mauvais pour mon corps mais je suis de toute façon incapable de manger normalement pour l'instant.  Si je mange trop, je culpabilise et stresse de trop.  Mais peut-être que tout ça va passer et que tout reviendra à la normale un jour sans prévenir :)

L'autre moment fort c'est la quantité de messages de soutien que j'ai reçu lors de mon coming-out.  J'en ai pleuré tellement j'étais émue :-)
Je m'attendais bien sûr à en recevoir, mais pas autant! Je m'attendais aussi à me faire jeter par l'une ou l'autre personne mais visiblement, ça n'a pas été le cas.  En fait, à ma connaissance, 1 seule personne m'a tourné le dos.  Pour l'anecdote, la seule personne à m'avoir lâchée est française. Vous comprenez mieux pourquoi je colle l'étiquette "pays homophobe" sur la France (en plus d'une mobilisation énorme de la population contre le mariage homo).
Je suis évidemment très reconnaissante pour mon entourage proche ou moins proche de m'avoir soutenue aussi bien.  Bien sûr, certains ont pris un peu de distance le temps de s'adapter mais globalement tout se passe bien.

Des personnes qui ont pris de la distance, il y en a eu également lorsque j'ai eu un peu de mal à encaisser le traitement hormonal et où j'ai fait une belle dépression (avec tentatives de suicide et tout!).
Ca, par contre, j'ai moins apprécié.  Qu'on prenne de la distance parce que je suis trans, ok, je comprends.  Qu'on fasse comme si je n'existais pas parce que je suis trans, ok aussi.  La transphobie c'est mal mais chacun a le droit d'avoir son opinion sur le sujet.  Mais qu'on prenne de la distance quand une amie a des problèmes et a besoin de soutien, ça, ça ne passe pas.  Aujourd'hui, je vais mieux et ces personnes reviennent.  Mais c'est trop tard pour moi.  La relation ne sera jamais plus comme avant.
Je remercie chaleureusement les personnes qui, au contraire, ont été là pour moi, pour me réconforter, pour me remonter le moral malgré le fait que j'étais super chiante :) heuuu, ah ouais mais je suis toujours aussi chiante en fait ^^

Un petit truc qui me fait sourire c'est lorsqu'on parle de moi au féminin.  C'est logique vous allez me dire.  Oui, sauf que, malgré mon année de THS, il arrive encore que je parle de moi au masculin... mais il n'y a plus que moi qui fait l'erreur :-)  En fait, c'est un vieux réflexe : vu que je devais cacher à tout le monde ma transsexualité, je faisais bien attention de toujours parler au masculin... jusque mes 33 ans!  Donc forcément, ça laisse des traces!
Quand je parle de moi dans le passé, c'est d'ailleurs presque toujours au masculin puisqu'à cette époque, j'étais un garçon pour tout le monde.  Et je ne renie pas mon passé donc voilà.

Le problème qui ne s'arrange pas c'est le financier.  Ca devient vraiment critique et ma mère commence à en avoir marre de m'aider (même si elle ne le dit pas clairement, je le sens bien).  Et là, par contre, je n'arrive pas à le résoudre.  J'attends avec impatience mon changement de prénom pour reprendre mes recherches d'emploi.

Justement, concernant ce changement de prénom, j'ai introduit ma demande et j'attends des nouvelles.  Si vous lisez ce blog depuis le début, vous connaissez un peu l'histoire.  N'ayant pas reçu de nouvelles depuis que j'ai envoyé les nouvelles attestations j'en déduit que ma demande est recevable.  Ou alors, ils n'ont pas reçu mes nouvelles attestations!
Si la demande est recevable, il y a de très très grandes chances qu'elle soit acceptée.  J'espère que ça ne traînera pas de trop.  Entre 6 mois et 1 an normalement.  J'espère pas plus quand même!

Le point le plus important est ma décision de démarrer cette transition.  Je n'ai absolument aucun regret! A part celui de ne pas l'avoir fait beaucoup plus tôt.  Cela m'aurait évité de perdre autant d'années de ma vie.  Chaque fois que je m'habille le matin, c'est que du bonheur :)  Même chose quand on m'appelle "Madame" quelque part.  Acheter du maquillage (et accessoirement le mettre :) ) c'est limite un vieux rêve :)  Je ne vous raconte pas le pied que j'ai pris à faire les soldes! C'était quand même la première fois :)
Je me rappelle avoir dit un peu avant le début du THS : "Une jupe? Moi?? Jamais!".  Force est de constater qu'aujourd'hui, c'est plutôt l'inverse :)  Je n'en mets pas tous les jours non plus mais j'en mets régulièrement.  Bon, là, avec nos -10°C, j'évite quand même ^^

Les petits changements que j'ai remarqué sont par exemple les hommes qui m'ouvrent les portes (si si ! ça existe encore!), la façon dont on me traite en magasin (dans un magasin de vêtements je suis vachement mieux reçue qu'avant, dans un magasin d'électro/informatique/telecom on me prend systématiquement pour une cruche, bref des broutilles comme ça :-) ).  Ah, et je ne suis plus obligée d'écouter les mecs parler de leur caisse ou du foot et faire semblant que ça m'intéresse ^^

Est-ce qu'il y a des choses que je regrette d'avoir "perdu" depuis que je suis passée du côté obscur de la force j'ai changé de camp? J'avoue : m'arrêter sur le bord de la route pour pisser, c'était quand même très pratique ^^  A part ça, non, pas de regret.  Peut-être une sensation d'insécurité plus élevée mais sans plus.

La suite, c'est quoi?  La suite, c'est le changement de prénom. Je l'attends avec impatience.  C'est même aussi important que l'opération.
La suite c'est aussi l'opération que je veux absolument faire.  Aussi bien pour moi que pour des raisons légales (changement de sexe officiellement).  Je pense d'ailleurs que je le fais plus pour moi que pour l'Etat Civil.
Trouver un travail rapidement et de préférence un travail que j'aime.  J'ai vécu 33 ans une vie qui n'était pas la mienne, une vie où je devais être un homme alors que je ne l'étais pas, bref une vie où j'ai toujours fait tout ce qu'on me demandait alors aujourd'hui je ne veux pas d'un travail imposé : je veux le choisir! N'en déplaise à l'Onem!
La suite c'est aussi perdre 15kg de plus.  Déprimer moins.  Vivre mieux.

Pour résumer, la suite, c'est tout simplement être heureuse.  Mais il y a encore du chemin.  Beaucoup de chemin.

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