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mardi 12 juin 2012

Les jours sans.

Il y a des jours avec et des jours sans.
Sans nul doute, je suis dans des jours sans.

Je pensais aller mieux mais je me suis trompée.
Je pensais que ça finirait par aller mieux mais je me suis trompée.
Je crois qu'en fait, ça n'ira jamais mieux.

Parfois, je me demande si ce n'est pas moi qui me fait des illusions.  Je considère ma vie comme ratée et qu'il est trop tard pour rattraper le coup.  Mais est-ce ma vie qui est ratée ou est-ce comme cela pour tout le monde et donc que je me fais des idées sur la conception de la vie.

Même si je suis sûre qu'il est trop tard pour faire de ma vie quelque chose de bien, j'ai quand même décidé de tenter le coup.  La première étape étant ma transition commencée en janvier.
J'essaie également de trouver un boulot pour diminuer mes problèmes financiers (je dis "diminuer" car à ce niveau je sais que c'est difficile pour tout le monde).
J'essaie d'être plus joyeuse aux yeux des autres.  Bref, j'essaie de faire ce qu'il faut pour avoir une vie un peu plus "normale".
Par "normale", j'entends une vie où je me sens utile, où je ne déprime pas sans arrêt, où je ne suis pas obligée de vivre sur le dos de ma mère .
Une vie où je me sens moins seule parce que j'en ai marre de devoir faire les boutiques seule, de manger seule, de ma balader seule,...

Plus je fais des efforts et plus j'ai l'impression de m'enfoncer un peu plus.
J'ai la sensation que tout ce que je fais ne sert à rien.

Samedi, j'avais tellement ce sentiment d'avoir tout raté que j'ai voulu en finir une bonne fois.  Seulement voilà : si j'ai réussi à mettre le couteau sur le poignet, le cerveau n'a pas voulu commander la main pour tout couper.  Et c'est frustrant !  Même ça je n'en suis pas capable.

Parfois j'aimerais pouvoir voyager dans le temps, juste pour voir si un jour ça va s'améliorer.

Samedi, j'étais dans un centre commercial et j'avais l'impression que plusieurs personnes me regardaient bizarrement.  Vous savez, ces regards qui me rappellent que je ne suis pas une femme, que je n'en serai jamais une et que j'arriverai à peine à faire illusion.  Bref, le genre de trucs qui me donne plus qu'envie de tout abandonner puisque ça ne marchera jamais.

Bon, petite consolation : pour la première fois depuis... heu... ben toujours en fait :) je suis allée dans le rayon des vêtements en tailles normales !  Ok, je fais encore un 46 en bas (48 voire 50 en haut) mais c'est toujours mieux que le 52 d'il y a quelques mois !  En contrepartie, j'ai des carences énormes puisque je perds mes cheveux quasi par poignée et que mes ongles sont dans un état lamentable.  Sans parler de la fatigue permanente et de la perte de ma force.
Mais je me dis que c'est le prix à payer !

Maigre consolation donc.

J'en entends dire "elle a pas fini de se plaindre?!".  Ca, c'est parce que vous lisez mon blog.  C'est le seul endroit où je peux me plaindre sans emmerder personne.  En effet, si vous ne voulez pas me lire, fermez votre navigateur ou demandez à Google un site plus drôle :)
En général, je ne me plains pas autant ! (enfin, je crois :) )


Bref, j'en ai marre mais vu que je n'ai pas trop le choix, je vais faire avec.  Continuer à faire semblant que tout va bien pour ne pas emmerder mon entourage avec mes problèmes.  Parce que mon truc à moi, c'est aider les autres, pas les emmerder avec mes histoires.  Mais ça, je pense en avoir déjà parlé.

Puis, il y a des jours un peu meilleurs que d'autres.  Aujourd'hui, ça allait.  Ce n'était pas l'euphorie non plus, mais globalement, ça a été.
Mais j'ai le sentiment que ces jours se font de plus en plus rares.

Bon, dans 1 mois, je vais avoir 34 ans, peut-être que c'est le cap des 33 que j'encaisse pas et que ça ira mieux après le 11 juillet :-)

P.S. : merci à ceux/celles qui écoutent ma webradio : c'est toujours agréable de voir que j'ai pas bossé pour rien :)

7 commentaires:

  1. Salut ma grande, je viens de lire ton post et je dois dire que je suis plutôt bouleversée en te lisant.

    Pourquoi ?

    Après tout je comprends très bien que ce n'est pas facile, moi même j'ai des hauts et des bas, on en parlait d'ailleurs la semaine dernière, tu m'avais remonté le moral.

    Et ce n'est pas pour te rendre la pareille que je t'écris, non, c'est par amitié. Ce que je veux te dire c'est que peu importe les difficultés du quotidien, tu pourras toujours me trouver, moi ou d'autres personnes qui ont su t'exprimer leur soutien et leur amour lors de ton coming out et qui continuent à le faire jour après jour. Non Sarah, je ne te laisserai pas souffrir seule dans ton coin, face à ces imbéciles qui ne comprennent rien à notre problème et à notre passé. Ce que j'espère en tout cas de tout cœur c'est que tu comprennes que je tiens à toi et fort probablement d'autres aussi. Donc je t'en prie, ne baisse pas les bras.

    J'essaierai de te voir quand je remonterai dans le nord.

    Je te fais tout plein de gros bisous (Tsuki aussi d'ailleurs, enfin lui c'est des léchouilles et des ronrons :p).

    P.S: faut que je tente de tester AWS au boulot, je ne sais pas si ce sera filtré. En tout cas bonne playlist que tu as là !

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  2. Tu ne me connais sans doute pas, mais je voulais te dire qu'il fallait continuer à garder espoir et à ne pas perdre de vue le bonheur qui t'attend.

    C'est normal d'en avoir marre et d'être découragée par moment. Mais tu as le droit d'en parler et même d’embêter les gens qui te sont proches avec tes problèmes. Je suis sure que tu as des amies qui s’inquiètent pour toi et qui ne demandent qu'a t'écouter.

    Je suis hélas beaucoup moins avancée que toi. Et pourtant j'ai pu me reconnaître dans ton billet. J'ai moi aussi déjà mis un couteau sur mes veines. Je me suis déjà volontairement fait du mal, en espérant que les choses s’arrêtent. Mais ce n'est pas comme ça que les choses s'améliorent, c'est en s'acceptant, en avançant vers soi-même et en s'ouvrant vers les autres que le bonheur arrive. Or, c'est ce chemin que tu as pris avec ta transition.

    Ne te laisse pas abattre, et surtout n'hésite pas à "embêter" tes proches avec tes problèmes. Ceux-ci seront heureux de t'aider, de même que je suis sure que tu les aideras lorsque ce sera eux qui seront dans la même situation que toi.

    Et surtout, retrouve l'espoir, c'est lui qui t'a permis d'aller aussi loin et qui t'amènera jusqu'à ta véritable identité

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  3. ohhh ! non, non et non ! Moi je ne veux pas lire ça.

    Bon, je sais très bien que c'est pas en lisant ça que ça t'aidera a aller mieux. Mais... Franchement, je suis pas passée par des trucs aussi 'durs' qu'une transition, mais je peux dire que je comprends ce ras le bol.

    Sans m'étendre sur le sujet, moi aussi je me suis retrouvée avec le couteau sur le bras, à me demander si j'allais couper ou pas. Pour être honete, j'ai donné la première incision, et mon père est apparut de nul part et m'a retiré le couteau de la main.

    Bref. Je sais ce que c'est que d'être au fond du trou. J'y retourne régulièrement, mais il y a un truc qui m'empêche d'en finir pour de bon. C'est le mal que je ferais à toutes les personnes que je connais si je faisais ça. Je pense qu'on est tous là pour une raison.

    Peut être que tes parents se sont trompés d'emballage pour toi, ce sont des choses qui arrivent. J'ai pas mal d'amis dans le même cas, quelle que soit le chemin de la transition et l'étape à laquelle ils en sont.

    A un moment où a un autre, ils sont tous passés par des grosses phases de doute. Mais, laisse moi te dire une chose : au delà du pseudonyme, moi je n'ai jamais douté une seconde que tu étais une femme, une vraie. Certainement même plus que moi.

    Alors, je te souhaite vraiment d'en sortir, de retrouver ton sourire, et si tu as besoin de parler, tu me trouveras sur twitter, ou tu peux me demander mon mail pour des messages plus longs.

    Parce que, moi, ça m'embêterai drôlement que quelqu'un d'aussi gentil et choupi que toi ne s'en sorte pas.

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  4. @Céline :
    "tu pourras toujours me trouver, moi"
    -> Merci :-) Mais, quand je compare ton parcours avec le mien, je me dis que tu as plus de difficultés que moi et que j'ai pas à me plaindre. Et donc j'ai pas trop envie de venir t'ennuyer avec mes histoires alors que ça fait des semaines que tu attends un papier. Et je sais que c'est super difficile d'attendre. Donc je préfère nettement être là pour t'aider à supporter l'attente plutôt que d'être là avec mes histoires...

    "je ne te laisserai pas souffrir seule dans ton coin, face à ces imbéciles qui ne comprennent rien à notre problème et à notre passé."
    -> Bah, j'en veux pas trop à ceux qui ne comprennent pas. Comme je le dis toujours, moi-même qui suis impliquée jusqu'au cou, je ne comprends pas toujours tout. Alors ceux qui ne sont pas impliqués, c'est normal qu'ils ne comprennent pas.

    "Donc je t'en prie, ne baisse pas les bras."
    -> Mouais...

    "J'essaierai de te voir quand je remonterai dans le nord."
    -> J'espérais pouvoir me faire une petite virée dans le sud, sud-ouest mais ça ne sera pas encore pour cette année.

    "Je te fais tout plein de gros bisous (Tsuki aussi d'ailleurs, enfin lui c'est des léchouilles et des ronrons :p)."
    -> Merci :-) Et pour remercier Tsuki je lui offre une perruche pour diner :-p

    "P.S: faut que je tente de tester AWS au boulot, je ne sais pas si ce sera filtré. En tout cas bonne playlist que tu as là !"
    -> Le lecteur flash arrive parfois à passer à travers les firewall.
    Et merci pour la playlist :-) Faut que j'encode encore des trucs. Je regarderai à ça dans une 10aine de jours.


    @Julie
    "qu'il fallait continuer à garder espoir et à ne pas perdre de vue le bonheur qui t'attend."
    -> Quel bonheur ? Le truc c'est que justement je ne le vois pas ni ajd, ni dans un avenir proche ni dans un avenir lointain. Alors me battre pour rien, ça ne me dit plus rien.

    "Je suis sure que tu as des amies qui s’inquiètent pour toi et qui ne demandent qu'a t'écouter."
    -> Oui, bien sûr ! Mais je n'ai jamais été habituée à parler à quelqu'un de mes problèmes. Je n'ai donc pas se réflexe. J'ai toujours (et je le suis encore) été là pour les autres parce que je sais que c'est difficile de ne pas pouvoir parler. Donc, quand je peux aider, c'est avec grand plaisir. Mais, moi, parler, non. Faut insister et ça, la plupart des gens ne s'en donnent pas la peine.

    "Mais ce n'est pas comme ça que les choses s'améliorent,"
    -> Je ne cherche plus à améliorer les choses. Je veux que ça s'arrête, c'est tout.


    @louha
    "Pour être honete, j'ai donné la première incision, et mon père est apparut de nul part et m'a retiré le couteau de la main. "
    -> C'est un avantage de vivre seule : y a personne pour m'empêcher de faire quoi que ce soit !
    Je suppose que ton père t'a collé une belle baffe !

    "mais il y a un truc qui m'empêche d'en finir pour de bon. C'est le mal que je ferais à toutes les personnes que je connais si je faisais ça."
    -> Ben, j'ai consacré ma vie aux autres. Je crois que je peux penser un peu à moi, non?
    Et donc, pour ne pas que les autres soient tristes, je dois continuer à être malheureuse ? Tu parles d'une motivation.
    Puis bon, ils auront vite fait de trouver qqun d'autre pour réparer leurs PC...
    Maintenant, c'est vrai, je t'avoue que c'est justement pour éviter de faire du mal à mon entourage que je résiste mais je commence sérieusement à en avoir marre.

    "je n'ai jamais douté une seconde que tu étais une femme, une vraie. Certainement même plus que moi. "
    -> Merci :-)

    @Toutes :
    Merci énormément pour vos messages :-)

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  5. Non, mon père m'a prise dans ses bras et m'a demandé ce qui allait pas.

    Pis, franchement... Je ne pense pas que les gens pensent à toi juste pour 'réparer leurs pc'... Je veux dire... T'es quand même quelqu'un de super, même au travers d'un clavier on s'en rend compte.
    C'est que t'as pas du rencontrer les bonnes personnes si elles sont vénales comme ça :(

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  6. T'as un chouette père :-)

    Pour les répa, ça ne me dérange pas. C'est juste que 9 appels sur 10 c'est pour me demander qqchose pour un ordi. Mais je le fais tjs avec plaisir.
    Je voulais dire par là que je ne manquerai pas à tant de monde que ça.

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  7. à moi tu manquerais !!!!!!!!!! grrr

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