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dimanche 17 juillet 2011

Mon histoire - Part3

Je n'étais pas vraiment sauvée. En fait, ma transsexualité était juste partie chercher du renfort. En bref, j'ai eu une vie "normale" à peine quelques mois.
Je naviguais ainsi entre des hauts et des bas. Tout allait bien pendant quelques semaines, voire quelques mois, puis de nouveau cette envie d'être de l'autre sexe.
A chaque fois, mon moral en prenait un coup et j'ai eu de plus en plus de mal à gérer mes émotions.

J'ai continué à me renfermer sur moi-même. Je ne sortais pratiquement pas et lorsque je sortais c'était seule.

Mon 16e anniversaire vient d'arriver. A 16 ans, la testostérone a eu le temps de faire pas mal de dégâts. Pourtant, on se trompait souvent sur mon sexe. J'avais régulièrement droit à un "Mademoiselle" grâce à mes longs cheveux. Oui, petite précision : j'ai toujours eu des longs cheveux. Et ils étaient nombreux à l'époque :) Je crois qu'il est inutile de vous préciser qu'un des horribles effets de la testostérone est la perte de cheveux. Heureusement pour moi, une perte assez limitée ! Juste une masse moins importante. Pour tout vous dire, c'est ce que je redoutait le plus. Chaque fois qu'il y avait trop de cheveux après une douche ou sur la brosse, je paniquais comme une malade !

Seize ans c'est l'année où je me suis découverte une nouvelle passion : la radio. Je suis devenue animatrice (enfin, animateur vu la voix ^^). J'adorais ça et absolument tout mon temps libre y passait. Et ça a duré jusqu'à aujourd'hui !
Je ne fais plus d'antenne mais je bosse encore un peu pour une radio.

Avec cette passion est née une belle contradiction : la voix !
En radio, plus la voix d'un homme est grave et mieux c'est. Il me fallait donc bien poser ma voix. Mais en tant que femme intérieurement, avoir une voix masculine ce n'était pas recommandé.
Mais la passion l'a emporté sur un problème que j'espérais toujours temporaire. Je me suis donc jetée sur la radio à fond et cela m'a beaucoup aidée. En fait, si je suis en mesure d'écrire ces quelques lignes, c'est grâce à cette passion.

En effet, arrivée à mes 18 ans, ce fut le coup de grâce. Une déprime de la mort avec envies suicidaires.
Je ne savais plus où j'en étais. Je voyais le temps passer, mon corps changer et puis surtout j'avais eu accès à de l'information.
L'information je l'ai obtenue grâce aux BBS et à la messagerie Fidonet (l'ancêtre des newsgroups) et aussi grâce à internet.
J'ai été une des premières à utiliser ce nouveau mode de communication. C'était normal : une passionnée de technologie et de communication, je DEVAIS utiliser internet.
J'ai ainsi appris que les effets de la testostérone étaient irréversibles et que tout changement du corps l'était pour la vie. Aussi bien la voix que les poils : les 2 plus grands combats d'une transsexuelle (à mon avis).
Il fallait que je fasse quelque chose et vite. Je savais à ce moment-là que le changement de sexe était possible. Mais difficile.

Le problème est que j'étais toujours étudiante, pas de revenu, un père très peu ouvert. Pour ma mère, j'avoue que je ne sais pas du tout comment elle aurait réagi et je ne sais toujours pas comment elle va réagir quand je vais lui annoncer.
Ajoutez à cela un célibat prolongé (aucune petite amie de toute ma vie), toujours le surpoids, une 2e année scolaire ratée et j'en passe.
Je me suis retrouvée devant un tel mur que j'ai fini par baisser les bras. Par me dire que c'est impossible. Que jamais je ne serai heureuse.
Il me restait donc comme unique solution que le repos éternel.

Mais il y avait la radio. Je bossais beaucoup là-bas. C'était bénévole mais c'était pour moi un moyen d'oublier et de me sentir utile. Comme ils comptaient sur moi là-bas, je ne pouvais pas partir du jour au lendemain. Je devais terminer les affaires en cours.
Oui mais, du boulot, il y en a toujours. Je n'avais donc jamais terminé.
J'ai donc été obligée de supporter ma transsexualité encore un peu. Ce qui ne fut pas une mauvaise chose car les envies suicidaires sont rapidement passées. En effet, étant assez rationnelle, je me suis rendue compte que le suicide n'était nullement une solution. Tout problème ayant une solution, il suffit de la trouver. Le suicide met effectivement un terme à un problème mais il ne le résout pas. Et moi, j'aime résoudre les problèmes.

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