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dimanche 24 juillet 2011

Mais quelle conne !

Non, je n'insulte personne. Ah si, moi.

Je me suis retrouvée hier dans une sale situation.
Je vous explique. La vie d'une TS se résume à un rôle d'acteur où il faut faire croire à tout le monde que tout va bien alors que ce n'est pas le cas.
Comme je l'expliquais dans la partie 5 de mon histoire, dire à ses proches qu'on a l'intention de changer de sexe est, pour moi, la partie la plus difficile d'une transition.

On ne fait pas qu'avouer qu'on change de sexe, on avoue également qu'on a menti pendant des années.

Je pense être une bonne actrice puisqu'à 33 ans, personne n'a jamais rien su de moi et tout le monde croit que ma vie est un long fleuve tranquille.

Mais ces dernières semaines, différents événements mineurs sont arrivés dans ma vie. Des petits trucs sans importance. Les petits problèmes de la vie courante en quelque sorte.
Mais comme mon moral était déjà très bas, tous ces petits trucs ont pris des proportions énormes. Et j'ai atteint une zone que j'appelle la zone critique. Celle qui précède le moment où on craque et où on ne contrôle plus rien.

Il y a quelques jours, je suis allée chez mon meilleur ami et pendant qu'il était occupé je discutais avec sa copine. Quand je suis dans la zone critique, je contrôle plus difficilement mes paroles. Surtout avec elle. Je ne suis nullement attirée par elle mais je ne sais pas... avec elle j'ai toujours envie de parler. Bref, j'en ai dit un petit peu de trop sur mon état psychologique du moment et elle l'a évidemment dit à son compagnon, qui est mon meilleur ami. Dans le but de m'aider.

Hier, je suis repassée chez lui et il m'a cuisiné pendant plus d'1h :)
C'est la première fois de ma vie que quelqu'un se soucie de moi. Et franchement, ça fait bizarre.
Mais ça m'a complètement bloquée ! Quand vous avez toujours vécu en cachant votre vie, sans parler à qui que ce soit, il n'est pas très évident de parler d'un coup, comme ça.
Durant toute la conversation (enfin, c'est surtout lui qui parlait puisque j'ai fait un blocage complet) j'ai eu les larmes aux yeux. J'avais envie de lui dire, envie de tout déballer pour me soulager un peu.
Bien sûr, il y a internet avec ce blog et Twitter mais ça ne vaut pas une personne en chair et en os à qui vous pouvez parler quand rien ne va plus.

Il a tout fait mais il n'y a rien eu à faire. Je voulais vraiment tout dire mais j'en ai été incapable. J'en ai même eu des douleurs au coeur mais j'ai vraiment eu peur que tout change. Qu'il ne me voit plus de la même façon.

Résultat, j'ai pleuré toute la nuit et j'ai raté une occasion unique d'être aidée et épaulée. Il m'a tendu une super belle perche avec revêtement anti-dérapant et je n'ai pas été foutue de l’agripper. J'ai préféré me laisser couler un peu plus.

Déjà que j'étais perdue, maintenant je ne sais plus du tout quoi faire.

Alors, quand je vous dit que je suis une vraie conne, je ne crois pas me tromper.

1 commentaire:

  1. Jamais trop tard pour te confier à ton ami et/ou à sa copine... Ou à d'autres personnes. Quelqu'un t'attends quelque part.

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